Passer au menu Passer au contenu

Vous êtes sur le site Abitibi-Témiscamingue, mais nous vous avons localisé dans la région : ###detected_region###

Pour en finir avec la loto-foin

Publié le 6 mai 2026 - Écrit par Pascal Rheault

Catégorie :

  • Citoyen/Citoyenne
  • Producteur/Productrice
  • Actualités
  • Textes d’opinion

Imaginez que vous avez un accident avec votre voiture à un feu rouge et que votre assureur vous indemnise en se basant sur les dommages moyens que cause un accident à un feu rouge. Peu importe que votre voiture soit une perte totale, la grille de votre assurance dit que, normalement, à ce feu rouge, les dommages à un véhicule sont mineurs. 

Personne n’accepterait un tel système, alors pourquoi est-ce acceptable en agriculture avec l’assurance foin? Nous nous attendons à être indemnisés pour ce que nous avons réellement perdu, pas pour une moyenne théorique basée sur des grilles.

Une situation aussi aléatoire est vécue chaque année par plusieurs producteurs avec l’assurance foin, un système basé sur des grilles et des moyennes en fonction de la météo captée par une station située pas trop loin de votre ferme. Ce système est complètement dépassé et il faut le changer.

La réalité se mesure dans le champ, pas dans des grilles concoctées par des fonctionnaires à Québec et qui peuvent changer à tout moment, la plupart du temps au désavantage des producteurs (nous nous rappelons tous de la « bonification » de mars 2023).

Sur papier, c’est simple. Sur le terrain, c’est souvent inexact. L’année 2023 en est la preuve : une sécheresse historique, des rendements inexistants… mais des indemnisations inadéquates. Des producteurs ont même reçu une compensation alors qu’ils n’avaient pas de pertes réelles alors que ceux qui en avaient besoin n’ont pas reçu l’aide à laquelle ils avaient droit. Résultat? Des mois de revendications afin de réussir à obtenir un programme spécial pour compenser les pertes.

C’est pourquoi notre assemblée générale annuelle a demandé un changement de cap. L’une des pistes est l’assurance individuelle, comme en production de grains. Ce modèle repose sur les rendements réels de chaque entreprise, basés sur leur historique. Il est plus juste, mais demande plus de suivis des producteurs. Nous invitons d’ailleurs les producteurs de foin, et ceux qui ont des pâturages, à entrer leurs résultats dans Collecto afin de se bâtir un historique de rendements.

Parallèlement, l’idée d’utiliser des données satellitaires est sur la table. Prometteuse, mais encore imparfaite, cette approche devra démontrer qu’elle capte réellement la situation au champ. Nous ne voulons pas abandonner les stations météo par un autre système imprécis. Le système par données satellitaires doit être testé et il doit y avoir de la recherche à ce niveau.

La solution parfaite à la satisfaction de tous n’existe peut-être pas. Par contre, j’ai la conviction que le système actuel a fait son temps et nous devons le changer par quelque chose qui reflétera davantage la réalité et ne sera pas simplement une loterie.

Une chose est certaine : un programme d’assurance doit indemniser les pertes réelles. Sinon, il rate sa cible.